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Pourquoi marcher en pleine conscience?

Hiroko guide une marche en pleine conscience une fois par mois, et à chacun de ces précieux rendez-vous, la consigne est assez simple... marcher un peu plus d'une heure en groupe et en silence... ça paraît simple? Et bien au vu des nombreuses questions qui sont posées avant la mise en route... il semble que nous arrivons toutes et tous avec des inquiétudes sur comment va se passer cette marche, qu'est-ce qui va se passer? Comment ça va se passer? Comment vais-je réagir? Hiroko partage avec vous son expérience sur le sujet... et pour moi cela a été d'une grande aide! J'espère que pour vous aussi ce joli texte éclairera votre pratique! A lire absolument!

Camille


La fleur au lac Mashu


J’ai fait mon premier voyage solitaire quand j’avais à peine 20 ans, à un début d’été. Je suis partie pour 2 semaines à l’île Hokkaido, au nord du Japon. Dans mon trajet, j’avais prévu une petite escalade à Mont Mashu, un volcan silencieux connu pour son beau lac au sommet. Le jour J, il flottait dès le matin. La pluie, c’est bon pour les plantes. Personnellement, je les trouve plus belles quand il pleut. Le chemin de Mont Mashu est assez étroit, une largeur d’une personne, entouré de beaucoup de verdures. La saison faisait peut-être que la couleur des plantes était encore clair, il ne faisait pas sombre même si le soleil était bien caché.


Dans le chemin de la montée, je n’ai rencontré personne. Je suis mouillée de partout. En regardant le sol mouillé devenant des boues, et les belles plantes autours, mouillées également de la pluie, j’ai pris conscience de moi qui, en ce moment, est en train de monter ce chemin vers le sommet. Une question très simple surgit en moi :

« Pourquoi je suis venue là maintenant ? » Je le prononçais à voix haute.

« Pourquoi je suis en train de marcher, ici, maintenant ? »

« Enfin, qu’est-ce que je fais là, pourquoi, et c’est pour qui ?! »

Je criais à ce moment à haute voix, sous la pluie, comme si je demandais à la montagne la réponse. Heureusement que j’étais au milieu de nulle part, qu’il pleuvait, qu’il n’y avait personne autours. J’ai continué à monter malgré la pluie, en lançant cette question stupide à la montagne et à moi-même.


Enfin, je suis arrivée au sommet (en oubliant complètement d’avoir posé la question, toute silencieuse et calme). Il était dégagé, très peu de verdure, le vent soufflait de temps à autre. « Si le temps permet et le soleil vous est gracieux, les chanceux verront une petite île au centre du lac. » disait le guide. Le temps ! Il cessait de pleuvoir. J’étais entourée d’une énorme brume. Je ne pouvais même pas savoir où se cachait le soleil. Avec beaucoup d’humidité, je pouvais voir chaque petite goutte d’eau dans l’air. Dans tout cela, dans un coin de l’œil, je me suis aperçue d’une chose bleue-violet. C’était une toute petite fleur. Toute seule, elle fleurissait au sommet d’un volcan silencieux, le jour où personne ne passait. Je me suis accroupie pour mieux la regarder. Soudain, la réponse à la question de tout à l’heure m’est venue : je suis venue pour ça… !


Pour moi d’aujourd’hui, ce serait pareil pour la pratique de la méditation de pleine conscience. Je ne peux pas savoir en avance ce que je l’aurai à la fin de la méditation. Je ne sais pas, donc je n’espère rien… À chaque méditation, je ne sais pas ce qui va se passer. Je ne peux donc pas espérer que les choses se passe comme prévu. Tout de même, quelque chose se passe à chaque méditation, et cela diffère de méditation en méditation. C’est ça qui est intéressant, amusant. Pareil pour la marche en pleine conscience. Le parcours de la marche est déjà conçu. À part cela, y compris la constitution du groupe du jour et le temps qu’il va faire, il y a des milliers et milliers des paramètres inconnus et changeants qui vont influencer les expériences dans la marche méditative.


La marche en pleine conscience que je guide commence par une prise de conscience des sensations de chaque partie du corps. Cela prendra un petit quart d’heure à vingt minutes. Puis, c’est parti pour la marche en toute liberté dans le silence ! Le silence facilite à mieux ressentir les sensations avec beaucoup plus de sensibilité. En marchant, je suis à l’instant présent. Même si je passe dans la même rue, l’expérience ne serait jamais la même. À chaque marche, dans ce moment d’une heure et demi, je rencontre, au moins une fois, à ce fameux (surprenant, inespéré et joyeux) « Waouh ! ». Cela peut être dans un petit cours devant une église, assistant à une course entre un oiseau et une abeille. Ou bien d’un chat à la fenêtre d’une petite ruelle, ou d’un arbre dans un parc d’où je ressens de l’énergie. Ces petites choses-là, ces petits cadeaux imprévisibles me font plaisir. C’est pour cela - c’est important de noter que c’est aussi pour partager ces expériences avec les marcheurs dans le groupe - que je guide la marche en pleine conscience. Même s’il pleut, même s’il vente ! Pour peut-être rencontrer une fleur qui fleurit toute seule, qu’à ce moment-ci et qu’à cet endroit-là, de façon inattendue. Qui m'éprouve d’une joie. Alors, ne voudriez-vous pas, par vous-même, venir rencontrer cette fleur ?


Hiroko


Retrouvez Hiroko et participez à la prochaine marche en pleine conscience ici!



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